Étranger


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Dom Café d'Aachen
22/12/2019

Café Dom

Le 8 décembre 2019
Café Dom, Münsterplatz, 52 062 Aachen
De 9h à 18h30 (19h le samedi, 10h le dimanche)
Note globale : 15
Situation : 17
Cadre : 14
Accueil : 16
Ambiance : 14
Café : 14 
Prix d’un café : 2,10 €

Aux mots croisés du jour :
La meilleure def’: « Utile pour régler la note » (diapason)

« Dom » ? Was ist das ? C’est une cathédrale, et même la plus ancienne de toute l’Europe du Nord*.
En cette fin d’année, un parfum de pain d’épices et de vin chaud à la cannelle flotte dans les ruelles de
l’ancienne capitale impériale que nous découvrons à l’occasion d’un concert commun avec nos homologues Aixois.

Envie de faire une pause après la cohue des marchés de Noël ?
Quelques chaises en fer forgé vous tendent leurs assises dans une jolie cour pavée entourée de vieilles maisons.

Frigorifié ? Réfugiez-vous à l’intérieur, face à la baie vitrée, dans l’un des deux fauteuils : bien installé sur votre peau de mouton, vous savourez alors la vue sur (un bout de) la cathédrale, ainsi qu’un excellent café accompagné d’un mini Printen**. Délicat sucrier de faïence bleue, joli petit pot de fleurs, musique fifties toute en discrétion, service attentionné : une vraie bulle de confort !

En bande ou en famille ? La longue table en bois est pour vous.

Ambiance tranquille dans ce café tout en longueur au mobilier dépareillé. Et déco sympathique : lustre à l’ancienne et bûche accrochée au plafond (doré !), d’où dégringolent des rubans au bout desquels sont suspendues des boules de Noël.

A l’autre extrémité, près d’un vieux poêle en faïence, une seconde table basse et ses fauteuils donnent sur la rue piétonne. Sur le comptoir tout proche, des cloches  transparentes laissent deviner d’appétissants gâteaux – tous faits maison par la femme du chef, nous précise Germaine, la serveuse, ainsi qu’une pile de crêpes tout aussi engageantes.

Quel endroit charmant pour qui est épuisé par la valse des répèt’ après un réveil en fanfare pour arriver jusque là.
Un vrai havre de paix !

Pour conclure : un Aix-cellent établissement.

www.cafedom-aachen.de/page 

* Construite au VIIIᵉ siècle sous le règne de Charlemagne qui avait fait d’Aix-la-Chapelle sa capitale, c’est une basilique octogonale à coupole de style carolingien (d’où les colonnes de marbre, portes de bronze et mosaïques) ; l’empereur
y fut enseveli en 814. Et sur le trône de pierre de la galerie supérieure, les rois de l’Empire romain germanique se firent couronner jusqu’en 1531.
** Spécialité aixoise possédant une appellation d’origine contrôlée, composée de farine, sucre, cassonade et épices.


Pâtisserie-café d'Aix-la-Chapelle
15/12/2019

Van den Daele

Le 1er décembre 2019

Van den Daele, Krämerstr. 11, 52 062 Aachen
De 9h à 18h30 (10h à 18h le dimanche, fermé le jeudi)
Note globale : 13
Situation : 15
Cadre : 16
Accueil : 9
Ambiance : 16
Café : 9 
Prix d’un café : 2,30 €

Aux mots croisés du jour :
La meilleure def’: « Clé du sous-sol» (fa)

 

Les marchés de Noël, la Chorale Franco-allemande de Paris aime !
Tellement, qu’elle s’arrange pour que les échanges avec ses cousines germaines aient lieu à cette période. Cette année, c’est Aix-la-Chapelle*, à 5km des Pays-Bas et de la Belgique, dans le centre historique* lové autour de la cathédrale.

Une vieille demeure attire l’attention, la plus ancienne pâtisserie-café de la ville, fondée par Léo Van den Daele en 1890.
Une véritable institution depuis que ce Flamand y a créé ses propres recettes, dont le Printen**, spécialité locale.
Le comptoir de l’entrée en regorge ainsi que d’autres desserts régionaux ou plus traditionnels – sans compter les chocolats : ils ne sont pas belges pour rien ! Les clients se bousculent, pour emporter ou déguster sur place.

Le froid est mordant, on s’engouffre à l’intérieur, mais difficile de trouver un bout de table malgré le nombre incroyable
de salles. Il s’agit en fait de quatre maisons regroupées au fil du temps – ce qui explique les différences de niveaux.
On passe de l’une à l’autre par d’étroits escaliers, avec l’impression de plonger dans un autre siècle, pour découvrir
une enfilade de pièces de formes et de tailles différentes. Petites fenêtres et boiseries d’autrefois, mobilier en bois foncé, vieilles cheminées, miroirs et horloges. Un peu sombre et austère mais vraiment particulier, tellement que les clients parlent à voix basse. Des habitués pour la plupart …

L’heure est au Kaffee-Kuchen***. Sur leur conseil, je teste le « Kuttcafé » servi dans une tisanière en porcelaine : malheureusement sans caractère ! En revanche, leur flan au riz (« Reisfladen ») est étonnement léger.
Le service l’est moins : il faut retourner faire la queue à l’entrée, passer commande au comptoir, puis attendre
que la serveuse ait parcouru le dédale des salles … un temps infini !

Pour conclure : un bel écrin au contenu décevant.

https://www.van-den-daele.de

* Aix-la-Chapelle (« Aachen » en allemand) est connue comme ville de Charlemagne et des couronnements d’empereurs.
** Spécialité aixoise, à l’appellation d’origine contrôlée, composée de farine, sucre, cassonade et épices.
*** « Café-gâteau » : les allemands déjeunent souvent d’un plat unique le midi, complété en fin d’après-midi par
une pâtisserie et une boisson chaude. 


Tertulia à Santiago de Compostela
24/11/2019

Tertulia

Le 3 novembre 2019

Tertulia, rua de Pombal 2, Santiago de Compostela – Espagne
De 7h15 à 23h30 (8h le week-end)
Note globale : 16
Situation : 14
Cadre : 16
Accueil : 16
Ambiance : 17
Café : 17 
Prix d’un café : 1,50 €

Aux mots croisés du jour :
La meilleure def’: « Transport en commun » (ola)

 

Ultréïa ! Clap de fin pour mon (bout de) Chemin, sur le parvis de la cathédrale où se trouve le tombeau de Saint-Jacques dont les statues ont jalonné notre parcours. Un peu plus loin, le Bureau des pèlerins délivre la Compostela à ceux qui ont pérégriné dans les conditions requises*. Et à deux pas, mon ultime récompense : un café !

« Tertulia » signifie « Rassemblement social ». A l’extérieur pourtant, personne ; les tables sont vides, mais au carrefour, au froid et sous la pluie – ceci explique cela. Le sas d’entrée par contre déborde de parapluies dégoulinants, capes ruisselantes et clients qui font « la cola** » : c’est vrai que c’est bondé, le nom n’est pas usurpé !

Quelques marches descendent vers une petite salle chaleureuse : vieilles pierres et papier peint à l’ancienne, joli comptoir arrondi, tables et chaises dépareillées et coussins colorés sur le rebord des fenêtres. Une seconde salle, guère plus grande, est entourée de tableaux. C’est petit mais confortable, intimiste et plein de charme !

– Camino ! … Je sursaute. Un pèlerin ? Non, un autochtone qui appelle son chien ! Une autre façon de faire le chemin 😉
Beaucoup de locaux discutent tranquillement sur fond de musique jazzy, 
tandis que des routards rechargent leurs batteries (dans tous les sens du terme !)

L’ambiance est familière, les serveurs (en manches courtes : ils s’activent !), font en sorte que vous vous sentiez comme chez vous. On dit que leur Capuccino est le meilleur de Santiago : je confirme ! Avec une tasse ravissante et un carré
de gâteau maison divinement moelleux : un must pour les amateurs ! Leurs petits déjeuners sont tout aussi réputés ; galicien ou continental, anglais ou américain – avec du lait sans lactose et du pain grillé sans gluten pour les intolérants.
Un must, je vous dis !

Pour conclure : de la cape au cap-uccino.

https://www.facebook.com/cafetertuliasantiago/

* Avoir accompli les 100 derniers km pour ceux qui sont à pied ou à cheval, 200 en vélo. La crédential ou créanciale, sur laquelle ils ont fait apposer un tampon à chaque étape, sert de justificatif pour obtenir ce certificat officiel … que je n’ai malheureusement pas reçu car j’en ai fait plus de 300, mais pas les derniers ! Par contre, mon cher et tendre a rapporté
le sien une semaine plus tard, un magnifique parchemin qui lui rappellera son périple de plus de 1500 km, en 58 jours !
** La queue.


Etape du chemin de Compostelle
21/11/2019

La Comedia

Le 31 octobre 2019
La Comedia*, avenida España 3, Ponferrada – Espagne
De 8h à 20h, relâche le dimanche
Note globale : 15
Situation : 13
Cadre : 16
Accueil : 15
Ambiance : 16
Café : 15 
Prix d’un café : 1,20 €

Aux mots croisés du jour :
La meilleure def’: « Couvre feu espagnol » (siesta)

 

Une belle étape que Ponferrada ! Si cette bourgade doit son nom au pont en fer qui la traversait,
c’est avec le développement du Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle qu’elle a véritablement pris son essor.
Les Templiers ont ensuite utilisé ses remparts romains pour y construire un château destiné à protéger les pèlerins :
à visiter !
Mais passons la vieille ville et partons en repérage dans le nouveau quartier. Entre les gares routière et ferroviaire, quelques tables sur une rue piétonne : nous y sommes !

Au rez-de-chaussée, l’atmosphère est 100% cinéphile : des acteurs s’affichent sur le comptoir et au-dessus des tablettes,
les miroirs entourés d’ampoules nous donnent l’illusion d’être installés dans leur loge.
Lumineuse aussi, grâce à la belle hauteur sous plafond et les trois élégants lustres transparents qui en dégringolent.
Coup de projecteur sur les maximes peintes à l’entrée … et zoom sur ma préférée :
« Las buenas ideas empiezan con un buen café » – Les bonnes idées commencent par un bon café ! 😉
En arrière-plan, un espace plus cosy avec sa banquette bleu-canard à l’angle d’un mur de pierres,
tandis qu’une fausse fenêtre ouvre sur la photo en noir et blanc de deux monstres sacrés du septième art.

Mais si vous aspirez aux feux de la rampe, montez sur la mezzanine :
le grand rideau s’ouvre sur une scène de théâtre au décor confortable.
Installez-vous dans l’un des épais fauteuils ou canapés et profitez des douces notes égrenées par la guitare.
Le serveur, en chemise à carreaux et nœud pap’ en bois – autant dire, un artiste ! -, vient vous apporter un excellent café. 
Il ne vous reste plus qu’à attendre … les trois coups !

Pour conclure : un café qui mérite des é-loges.

https://www.facebook.com/pages/La-Comedia

* La Comedia est un genre théâtral particulier conjuguant tragédie et comédie, sans jamais être tout à fait l’une ou l’autre.
Elle permet à ses auteurs de raconter l’histoire de l’Espagne, ses moeurs et sa vie sociale en l’agrémentant de symboles immédiatement reconnaissables, tout en conservant une fin généralement moralisatrice.

 


Café Pasaje d'astoria
16/11/2019

Café Pasaje

Le 29 octobre 2019
Café Pasaje, plaza España 14, Astorga – Espagne
Tous les jours, de 8h à 23h
Note globale : 14
Situation : 14
Cadre : 13
Accueil : 14
Ambiance : 15
Café : 14 
Prix d’un café : 1,20 €

Aux mots croisés du jour :
La meilleure def’: « Il finira bien par être chocolat » (cacao)

 

Partis dans la nuit, la bruine et le brouillard, nous avons continué à mettre nos pas (ou plutôt nos palmes !) dans ceux des Jaquets de Compostelle, jusqu’à Astorga. Située sur un promontoire et entourée d’une puissante muraille, voilà une ville étonnante : on y trouve aussi bien des vestiges romains* qu’une cathédrale gothique** … et un Palais épiscopal digne de Walt Disney*** !

Après avoir réservé notre dortoir à l’auberge des pèlerins****, nous cherchons à nous désaltérer. Face à l’hôtel de ville,
un café rétro et son agréable terrasse sous les arcades. Intérieur confortable avec banquettes et tables rondes et puis,
bien sûr, le sempiternel écran de télévision – mais sans informations en continu, juste une retransmission de patinage artistique. Plus surprenant encore, aucun homme en dehors des serveurs !! C’est bien la première fois depuis notre arrivée en Espagne !

Avec l’expresso, son beignet inséparable pour cette Maison, et sur la tasse une sage maxime en forme de vague :
« Por que no hoy ? » (Pourquoi pas aujourd’hui ?)
Eh, oui, pourquoi remettre à plus tard ce qu’on peut faire dès maintenant ?

Le chaudron de chocolat trônant sur le comptoir m’intrigue. Ma voisine me demande si je l’ai goûté … et en commande aussitôt pour moi. Ni vraiment liquide, ni vraiment solide, mais incroyablement onctueux et brûlant. C’est vrai que le chocolat est la spécialité de la ville ; j’apprends par cette espagnole qu’elle a connu une forte activité autour de son industrie au point d’en faire un musée. Dommage que nous n’ayons pas le temps de le visiter 😉

Pour conclure : Astorga, la ville du chocolat show.

www.cafepasaje.es

*  Villa de l’ours et de l’oiseau aux fresques magnifiques, thermes majeurs, et mineurs, forum et porte romaine.
** Construite du XVè au XVIè siècle avec une imposante façade en grès rose et un majestueux portail orné de reliefs,
dont Saint Jacques au-dessus de l’entrée principale.
*** De style néo-gothique, il est « l’oeuvre » d’Antoni Gaudi qui était l’ami de l’évêque de l’époque.
Une verrue comparé à sa voisine précédemment citée ; par contre, il abrite le Museo de los Caminos (Musée des Chemins), dédié aux chemins du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. 
**** « Servias de Maria » à l’entrée de la ville, 5 € la nuit.


Café de Leon en Espagne
11/11/2019

Agora Café

Le 27 octobre 2019
Agora Café, avenida del Alcade Miguel Castaño 17, León – Espagne
De 7h30 à 1h ; 9h à 2h les WE et jours fériés
Note globale : 14
Situation : 13
Cadre : 14
Accueil : 13
Ambiance : 16
Café : 15 
Prix d’un café : 1,20 €

Aux mots croisés du jour :
La meilleure def’: « Certaines finissent par être lassées » (chaussures)

 

Sur le chemin de Compostelle, nous poursuivons notre longue transhumance à travers la Meseta, et après 180 km,
arrivons à León réputée pour sa magnifique cathédrale gothique. A 500 mètres de celle-ci, quasiment en face
de notre auberge de pèlerins*, ce café à la dénomination non usurpée : c’est un vrai lieu de rassemblement !

Vaste, l’Agora offre avec ses différents niveaux des espaces bien différenciés
(Moins pratique par contre pour les serveuses, heureusement en baskets !)
Des concerts, lectures de poésies et rencontres avec des auteurs sont régulièrement organisés. C’est vraiment le café
des paroles ; d’ailleurs celles de chansons et citations sont peintes sur plusieurs des murs. Et ça plait : il est bondé !

Du côté de nos boissons préférées, de belles surprises : le petit noir ne manque pas d’arômes et est accompagné
d’un biscuit élégamment empaqueté, et le Latte de mon cher et tendre bien mousseux. Pour les curieux, ne pas manquer de goûter au café bombón, célèbre dans toute l’Espagne. Préparé dans une petite tasse transparente où du lait concentré sucré est versé avant un expresso bien chaud, il est reconnaissable à ses deux étages distincts, blancs et noirs, résultant
de leur densité différente. Original … et gourmand !

A l’heure du petit-déjeuner, on les accompagne de croissants à la plancha (attention, leurs seuls points communs avec les nôtres sont leur forme et leur nom ; il n’y a pas une once de beurre** !), churros (beignets allongés servis tièdes et sucrés) ou morceaux de tortilla (omelette très épaisse le plus souvent aux pommes de terre).

Pour conclure : Agora, ahora*** !

www.cafeagora.es   

* Au 21 de la même rue, l’auberge de San Francisco de Asi est immense mais propre … et offre un service de buanderie gratuit : on dépose son linge en début d’après-midi pour le récupérer à 20h (particulièrement apprécié !!)
** Fabriqués avec des graisses hydrogénées (« beurre à feuilleter »), plus faciles à travailler… mais beaucoup moins bonnes pour la santé.
*** « Agora, maintenant ! »

Photo : « La vie, c’est comme une tasse de café … tout est dans la façon de le faire ou de le déguster »


Carrion de los Condes
08/11/2019

Café España

Le 20 octobre 2019
Café España, Plazza Piña Merino 1, Carrión de los Condes – Espagne
 6h à 23h (7h le week-end)
Note globale : 13
Situation : 13
Cadre : 10
Accueil : 15
Ambiance : 17
Café : 10 
Prix d’un café : 1,00 €

Aux mots croisés du jour :
La meilleure def’: « Miss Météo» (grenouille)

 

Ultreïa ! Me voilà sur le Camino où j’ai rejoint mon cher et tendre le temps des vacances. Ensemble, nous suivons la lente procession des silhouettes bossues à travers la Meseta, grand plateau rocailleux situé à mille mètres d’altitude. 
Les paysages sont monotones et les villages limités pour la plupart à une unique rue souvent déserte, où le seul lieu de vie est le café.

Celui de Carrión de los Condes ne déroge pas à la règle. Les hommes y passent l’après-midi à jouer sans se soucier
de la télévision qui égrène ses mauvaises nouvelles – aujourd’hui, les énormes dégâts des inondations.
Autour d’une table, cinq d’entre eux lancent bruyamment leurs dominos, tandis que leurs compères, assis en retrait
ou restés debout, commentent le jeu : exclamations, grands gestes et même moulinets de canne pour l’un d’eux.
Un peu plus loin, d’autres tapent le carton avec tout autant de verve.

Etape de Saint-Jacques-de-Compostelle, ce café est aussi très fréquenté par les pèlerins. On retrouve un trio d’Irlandais,
une américaine d’Alaska, un couple de Canadiens et une grappe de Coréens croisés ce matin et mouillés comme nous jusqu’aux eaux ! Tiens justement, j’aperçois « El Norte de Castillo », le quotidien régional : j’en récupèrerais bien quelques pages pour assécher mes chaussures …

Commande est passée au comptoir (c’est l’usage ici, de même qu’il est de bon ton de rapporter ensuite tasses et verres) : une boisson chaude, une San Miguel et ses tapas ou une lampée de vino tinto envoyée directement derrière le gosier.

Avant de partir, le patron tamponne nos crédentiales du logo de son établissement et nous gratifie d’un chaleureux
« Buen Camino ! ». La pluie a repris de plus belle. Il sort tout à coup en trombe pour baisser le store et protéger ainsi
les voyageurs qui attendent le bus devant sa terrasse : si c’est pas une gentille attention, ça ! 

Pour conclure : España, la vida ! 

www.carriondeloscondes.org

* Parti du Puy-en-Velay le 12 septembre, il est à présent en Espagne où je l’ai retrouvé à Burgos.


Caffè Sant Eustachio

Le 13 octobre 2019
Caffè Sant’Eustachio, Piazza di Sant’Eustachio, 82 – Roma
Tous les jours, de 8h à 1h (2h le samedi)
Note globale : 16
Situation : 16
Cadre : 12
Accueil : 17
Ambiance : 17
Café : 17
Prix d’un café : 1,30 € au comptoir / 3,90 € en terrasse 

Aux mots croisés du jour :
La meilleure def’: « Elle met la main à la pâte » (italienne)

 

C’était son préféré, nous a dit Carmine*. En vraie italienne, Rossella n’aimait rien moins que déguster un bon café ;
c’est donc là qu’Isabelle, Anick, Michèle et moi avons fait notre dernière halte avant le retour. A deux pas de la place Navone et son église Saint-Louis-des-Français où elle nous avait montré les toiles du Caravage**, le Caffè Sant Eustachio est un véritable monument à Rome.

Fondé en 1938 dans le local d’un ancien torréfacteur, Il est considéré comme le meilleur de la capitale, et même d’Italie
– donc du monde ! 😉
Une technique de torréfaction au feu de bois, un savoir-faire et un mélange uniques, c’est le secret de ce café puissant et riche en saveurs. Les romains ne s’y trompent pas qui défilent chaque jour par milliers et jouent des coudes pour trouver une place sur le vieux zinc, après avoir passé commande à la caisse. L’endroit est populaire. De l’extérieur, il ne paye pas
de mine et l’intérieur est limite kitch, mais pittoresque.

On imagine Rossella s’installer plutôt sur l’une des cinq tables posées sur le trottoir. En robe à moitié manches et lunettes de soleil, elle profite du charme de cette petite place et son église au joli campanile, et a sûrement remarqué le cerf qui orne son fronton, la croix entre les bois. Comment a-t-elle choisi son espresso ? En version légèrement amère (« amaro »), et en précisant « sans sucre » ; elle sait qu’il est sinon servi à l’ancienne manière napolitaine, sucré. Mais peut-être a-t-elle opté pour un capuccino, à la crème si dense qu’une petite cuillère pourrait tenir à l’horizontale ?

Sur ses traces, nous nous installons à notre tour. Un espresso « dolce » (avec une mousse d’une onctuosité inégalée !) ou un café au tiramisu … en souvenir de son sublissime dessert ! Avant de partir, petites emplettes dans la boutique : un mini « sac à main » en carton rempli de grains du café maison enrobés de chocolat ainsi qu’une tasse jaune soleil siglée « Caffè Sant Eustachio » … qui nous rappellera notre collègue romaine.

Pour conclure : buonissimo ! 

https://www.santeustachioilcaffe.it

* Le frère de Rossella.
** En 2007, lors de notre premier voyage d’étude sur la scolarisation des élèves en situation de handicap.


Cafe do Museo portugais (Madère)

Le 10 mars 2019

Café do Museo de Arte Sacra, Praça do Município 85, Funchal
De 10h à 22h, 9h à 23h vendredi et samedi, fermé le dimanche
Note globale : 13
Situation : 13
Cadre : 13
Accueil : 11
Ambiance : 14
Café : 14
Prix d’un café : 0,80 €

Aux mots croisés du jour :
La meilleure def’: « On lui voit les côtes » (île)

Funchal ? Drôle nom pour une ville ! Celui du fenouil sauvage – « funcho » – que les portugais ont trouvé en abondance dans la baie à leur arrivée, il y a 600 ans.
Un climat à la douceur légendaire et une flore exubérante ont favorisé depuis son développement. Avec ses maisons
et jardins agrippés à la montagne, ses rues étroites flanquées de monuments historiques et de vieilles boutiques,
elle est décidément pleine de charme.
Deux conditions toutefois pour l’explorer : ranger ses stilettos et garder les yeux rivés au sol. Pavé de pierres noires
et blanches formant des motifs* (écailles de poissons, armoiries, madérois en costumes ou scènes de la vie quotidienne), ce sont de véritables oeuvres d’art … mais gare à l’entorse !

Sur la place de la Mairie, à deux pas de la cathédrale, l’église des Jésuites et l’Université font face à l’ancien palais épiscopal devenu musée : grâce à la canne à sucre cultivée dans l’île, des échanges commerciaux ont pu se faire avec la Flandre aux XVè et XVIè siècles, et notamment permettre l’acquisition de ces tableaux.
Mais c’est aussi un café-restaurant (nous y voilà !), avec son esplanade en plein air et sa terrasse aménagée sous les arcades. Légèrement en contrebas, l’endroit est tranquille et visiblement prisé des locaux. Sur fond de jazz – clarinette
et contrebasse -, ils se retrouvent autour d’une bière portugaise (grand choix !) ou un café : très ancré dans leur culture,
ils peuvent en boire jusqu’à 4 ou 5 par jour, bica, carioca, garoto, chinois ou galao**. Ils les complètent parfois d’un plat (raffiné et innovant, une belle alternative à la cuisine typique de Madère) voire un brunch le samedi (Eh, oui : eux aussi,
s’y sont mis !). Seul l’accueil nous laisse sur notre faim : concentré et efficace mais sans plus. Par contre, ils servent jusque tard le soir (Enfin, pour Funchal !). Suffisamment rare ici pour être souligné !

Pour conclure : un bel endroit pour muser …

http://www.madeira-restaurants.com/funchal/cafe-do-museu

* Caractéristiques du Portugal, la calçada est une mosaïque de pavés, du basalte noir et du calcaire blanc sur le continent, de la pierre volcanique locale à Madère avec parfois des pierres rouges pour ajouter de la couleur au dallage à motifs.
** Le « bica » est un café courant, fort et bien tassé, dans une tasse remplie à mi-hauteur ; le « carioca » est plus allongé.
Le « garoto » est un crème servi dans une petite tasse ; le « chinois » un café au lait servi dans une grande tasse,
s’il est dans un grand verre, c’est un « galao ».


Rhum et Carnaval à Madère

Le 3 mars 2019

Mercearia Dona Mecia, rua Aranhas 26, Funchal (Madère)
De 8h à 22h, minuit le vendredi, 10h à 20h le samedi, fermé le dimanche
Note globale : 13
Situation : 12
Cadre : 13
Accueil : 13
Ambiance : 14
Café : 14
Prix d’un café : 0,75€

Aux mots croisés du jour :
La meilleure def’: « Pour avoir du punch » (rhum)

 

De son promontoire surplombant l’Atlantique, Christophe Colomb* observe la Santa Maria … enfin sa réplique !
Lui-même n’est qu’une statue de pierre sur laquelle de petits lézards se chauffent au soleil.
On traverse toujours avec plaisir ce parc Santa Catarina, d’où la vue sur la Marina et le port est incomparable,
avant de descendre l’avenue de l’Infante pour rejoindre les rues étroites de Funchal.

Derrière un modeste portail se niche une ancienne maison de ville et sa petite cour carrée, prolongée par un passage
entre deux ruelles. Bucolique avec son haut mur couvert de vigne vierge, mais dans les courants d’air ; gare au rhume !
On lui préfère la première : sur les bancs de pierre qui l’entourent ou les tabourets de bois, quelques locaux se retrouvent un peu groggy après les festivités de la veille : hier avait lieu le grand cortège allégorique du Carnaval, suivi de danses
et musiques arrosées de poncha** jusqu’au bout de la nuit.

Quel contraste avec ce lieu si paisible et plein de charme ! Le rhum local est remplacé ce matin par un café
– le meilleur de la ville disent certains -, accompagné d’un pastel de nata*** encore tiède.
Avant de s’éclipser, petit coup d’œil à l’intérieur : outre le comptoir, une délicieuse épicerie fine, avec ses charcuteries
de pays, vins des îles et conserves de sardines de toutes les couleurs joliment disposées dans leurs vitrines.

Pour conclure : sur la route du rhum …

http://www.semilhastudio.com/portfolio/mercearia-dona-mecia-video-promo/
(Vidéo < 2 mn)

* Alors qu’il parcourait les mers comme navigateur marchand, Christophe Colomb est attaqué par des corsaires en 1478. Il trouve refuge à Madère sur l’île de Porto Santo et y rencontre sa future femme, Filipa Moniz, fille du gouverneur de l’île.
De leur brève union — elle décède en 1484 — naîtra un fils, Diego. C’est ici que se dessinent peu à peu ses projets d’exploration. Il noue des contacts avec de vieux marins, étudie cartes et traités de navigation et a l’idée de rejoindre
les Indes en passant par l’Atlantique. Mais le roi du Portugal la rejette ; il se tourne alors vers les rois d’Espagne …
** Rhum de canne local, citron, miel et fruits de la passion.
*** Une pâte feuilletée qui se défait dans la main tant elle est croquante, une garniture de crème aux œufs aromatisée
de vanille ou de cannelle : c’est tout le passé du Portugal distillé dans une bouchée !

 


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