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Déconfinement pour certains seulement !
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Dimanche 10 mai 2020

 

Le déconfinement, c’est demain !
Mais comment le fêter sans cafés ?!

Le déconfinement ? Quel déconfinement ? Moi je suis en CDI* !! Et déconfit !  Ca fait sept semaines que je tourne en rond dans mon bistrot, seul avec mes factures. Mes serveurs sont au chômage technique mais les charges courent toujours. Deux mois de loyer pour rien, un troisième, je ne pourrai pas. Après les gilets jaunes et les grèves, ma trésorerie est à zéro. Mon moral aussi ! Trois semaines encore à attendre pour savoir à quoi m’en tenir. Et si je peux rouvrir en juin, avec les mesures sanitaires, ça va donner quoi ? On fait comment pour boire un café avec un masque ? 

J’essaie de tromper l’angoisse en surfant sur le Net. On trouve tout sur la toile ! Même un moine bouddhiste !
Selon lui, le seul moyen pour se sentir apaisé, c’est de finir ce qu’on a commencé. Alors j’ai scanné mon bistrot.
Et sifflé le fond de la cafetière, puis celui de la bouteille de rouge d’Ottrott, celle de Gewürztraminer, un pti tou pti Crémant, pi une voddkka, in rest douiski, un rom blanc … I ave rézon, c vrémen f ikass, jem snes tel men biyen. Ge v me fer in peu ty rou pille on ron ron rrr rrr rrr …

– Marcel, Marcel, que fais-tu ?
– Hein, quoi ? Qui es-tu ?
– Je suis ton Coron’ange. Pauvre de toi, dans quel état tu t’es mis ?
– Je bois la tasse !
– Allons, allons, il y a toujours une solution! Les plateformes solidaires**, tu connais ?
– Si je connais quoi ?

– Une idée de tes fournisseurs : pour éviter une épidémie de faillites, de grandes marques de café, brasseurs et limonadiers ont proposé aux consommateurs de soutenir leurs bistrots préférés en achetant un avoir à utiliser
dans les mois suivant la réouverture. Eux mêmes offrent parfois une majoration. Les bistrotiers récupèrent directement
les contributions et peuvent ainsi régler leurs traites. Et s’ils ont des questions de RH ou de gestion financière, le service
en ligne y répond. Ça marche fort : des centaines de milliers de clients ont déjà été participé, certains ajoutent même un petit mot pour encourager leur cafetier favori. Alors, ressaisis toi : il est temps de t’inscrire !

Pour conclure : le café ne coule plus… mais le patron si.

* Confinement à Durée Indéterminée
** https://www.jaimemonbistrot.fr, https://barsolidaire.fr, https://sauvermonbar.fr


Triporteur Café
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Dimanche 3 mai 2020

 

Premiers fermés, derniers rouverts ! Le 11 mai, les cafetiers ne pourront lever leurs rideaux comme les autres.
Quand leur confinement va-t-il prendre fin?

Danilo Bianco est l’un d’eux, un novateur puisque son Trip Bike Café est en réalité un escadron de triporteurs. S’inspirant de la mouvance « foodtrucks », il les a équipés de machines à café professionnelles, pour en faire des coffee shops miniature mobiles et écolos. Ses baristas tout-terrain se garent devant les monuments, musées, expositions, ventes privées et manifestations éloignés d’un débit de boissons : quand les visiteurs doivent patienter dans une longue file d’attente – jusqu’à plusieurs heures parfois ! -, ils leur proposent des boissons sans risque pour eux de perdre leur place. Egalement
à ceux qui pique-niquent dans les parcs de la capitale, si prisés que les emplacements sont difficiles à garder. Il offre donc un vrai service, d’autant qu’il met un point d’honneur à sélectionner des produits de qualité*.

Son affaire est toute récente, moins d’un an. Quand la crise sanitaire l’a obligé à tout arrêter le 15 mars dernier, c’était pour lui le risque de devoir licencier ses salariés et mettre la clé sous la porte. Mais notre entrepreneur en a dans la cafetière. Voyant les français applaudir tous les soirs à 20h pour remercier les soignants, il a une idée : puisqu’il ne peut plus servir ses cafés aux passants, pourquoi ne pas les apporter aux hôpitaux, histoire de chasser le blues des blouses – un instant
au moins. Mais comment financer un tel projet ? Ses salariés sont au chômage technique et lui n’a plus aucune recette.
Il décide de faire appel aux dons, par le biais d’une cagnotte solidaire et de mécénat. Et ça marche … ou plutôt, ça roule !

Grâce à cette reconversion menée Illy-co presto, son café est réanimé en urgence … et les soignants bien soignés : depuis
le 28 mars, tous les matins à 6h, ses livreurs garent leur triporteur devant les services d’urgence et de réanimation de grands hôpitaux parisiens. Pendant 4 heures, ils distribuent des cafés accompagnés de jus d’oranges et de croissants**. C’est le moment où les équipes de nuit croisent celles de jour et passent le relais. Et désormais celui d’une petite parenthèse que tous attendent avec impatience !

Pour conclure : un petit noir pour les blouses blanches.

https://www.facebook.com/pg/tripbikecafe/posts/

* Kimbo Caffe Napolitain, thé Dammann, chocolat Valrhona, jus Ulti et Yumi et viennoiseries artisanales.
*** Plus de 250 petits déjeuners servis chaque jour sous emballages individuels et dans les conditions sanitaires réglementaires (masque, distance supérieure à 1m …)


Pause-café
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Dimanche 26 avril 2020

 

Pause-café, pause sacrée !
Soudain, le temps s’arrête. On discute entre collègues, de tout et de rien, de rien surtout.
Notre quart d’heure de récréation, en somme – voire plus si affinités ! Moment clé de la vie au travail,
c’est devenu un rituel indispensable pour se détendre et repartir boostés, mieux nous connaître aussi.

Mais depuis 6 semaines, terminé ! Les bistrots sont fermés, les machines à café à l’arrêt et nous, en télétravail.
Alors, fini ce rendez-vous avant d’ouvrir ses dossiers, après le déjeuner ou au cours de la journée ?

Eh non ! Une pause-café digitale le remplace à présent.
L’espace commun est devenu virtuel et chacun s’y connecte s’il le souhaite*.
Une fois par jour ou par semaine, on retrouve ses petites habitudes … et quelques nouveautés :
la tasse en porcelaine de la comptable, le mug personnalisé de la Principale, le verre à double paroi du prof de techno,
voire quelques éléments de l’intérieur de nos collègues que l’on distingue subrepticement sur l’écran. On échange
à présent nos astuces de confinés, états d’âmes et dessins humoristiques** – en lien avec le Coronavirus bien sûr !

Un moment précieux pendant lequel, on laisse de côté son travail et sa famille pour prendre du temps pour soi. Quoi que ! Il n’est pas rare de les voir ressurgir à l’improviste : un mari qui passe l’aspirateur à l’arrière, un petitout barbouillé de peinture qui vient (fièrement) montrer son chef d’œuvre, l’adolescente de la famille qui traverse le champ en nuisette
ou le bouledogue de service qui écrase son museau sur l’écran.

Ces pauses régulières structurent notre journée – ce qui est loin d’être inutile quand vie professionnelle et personnelle sont si étroitement mêlées ! Et puis, à l’heure de la distanciation sociale obligatoire, elles maintiennent le lien avec nos collègues, voire rompent l’isolement et l’inquiétude pour certains.

Un moment convivial indispensable quand notre interlocuteur principal au travail est devenu l’écran.
Il casse la routine de ces journées désormais ordi-nerfs et nous évite d’être à cran …

Pour conclure : écran total !

* Outils de visioconférences pour échanger à plusieurs en direct :
Zoom, Skype, Whereby, LiveStorm, Jitsi, Blizz, Webex etc.
** Grâce au partage d’écran.


Cafetière et confinement
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Dimanche 19 avril 2020

Ras la cafetière !

Trente-six jours déjà que les cafés sont fermés :
Inutile de vous dire que je suis au trente-sixième dessous !

Un tsunami viral s’est abattu sur notre pays. La France a déclaré la guerre au coronavirus. C’est l’immobilisation générale ! En bon petit soldat, je respecte scrupuleusement les recommandations. Comme tout le monde (ou plus exactement,
un peu plus de la moitié du monde), je reste confinée. Claquemurée, 23h/24 !

Au début, j’enfourchais mon vélo d’appartement pour me rendre à mon télétravail, mais depuis deux semaines,
je suis en télévacances : ça change tout ! Je peux ne rien faire de la journée ; si je n’ai pas fini, je continue le lendemain.
Au fait, quel jour est-on ? Mermanche ou lundredi ? J’interroge ma cafetière faute d’avoir pu poser la question à mon livreur de capsules : il s’est contenté d’un bref signe de l’autre côté de la porte. J’avais pourtant enfilé un gant de toilette pour lui donner un pourboire. C’est que je suis consciente des risques qu’il encourt pour me porter ces produits – de toute première nécessité, est-il besoin de le rappeler.

Une heure par jour, nous avons droit à la trêve des confineurs. Je demande à mon téléphone l’autorisation de sortir
à moins d’un kilomètre. Faute de masque, je fais trois tours avec mon foulard. Je peux ainsi faire mes courses « essentielles » avec un minimum de sécurité. Mais chaque fois que je croise un passant, je fais quand même un écart.
On ne sait jamais !
A l’entrée de la supérette, le vigile asperge nos mains de gel hydroalcoolique. Il veille aussi à ce que les distances
de sécurité soient respectées. Et surveille les psychopâtes et autres sérialstockeurs qui voudraient vider les rayons !

Heureusement, au pays des Gaulois, il y a des irréductibles.
Notre boulangère en est une. Elle ne craint pas d’être démasquée. Elle n’a pas non plus marqué de traçage au sol.
Cela dit, je ne suis pas sûre qu’il y ait deux mètres dans son espace clients.
Mardi, pour fêter la fin du premier mois de confinement, elle avait apporté sa cafetière et proposait un expresso à tous
ses habitués. Elle nous l’offrait dans un simple gobelet en carton, certes ; et nous  invitait à le déguster dehors, forcément. Mais il était surmonté d’une crème onctueuse et dégageait des arômes prometteurs. Dès la première gorgée, un vrai nectar glissait sur notre palais. Et bien après la dernière, on profitait encore de sa belle longueur en bouche. Au soleil,
sur l’avenue, tous ensemble mais à un mètre d’écart les uns des autres, nous avons partagé … un pur moment de félicité !

Pour conclure : un café déconféïné … ou l’art de se resocialiser à distance.


Cafe de la Manufacture
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Dimanche 12 avril 2020 

Disparus les nounours* des Gobelins ? Non, confinés … comme nous !

Au 25 de l’avenue, le premier de ces plantigrades en peluche parcourt toujours le numéro du « Journal de Paris » 
du 21 novembre 2018, date à laquelle il fit la une. Philippe, un humaniste, voulait « amener le sourire aux riverains
et combattre la morosité ». Puisant dans sa propre b-ourse, il en avait ainsi acquis une cinquantaine pour les installer
dans sa librairie, les distribuer à ses compères** ou les prêter à des gobeliniens***. Devenu viral, le phénomène
s’était alors propagé dans tout le quartier et même au-delà … jusqu’au Japon !

Avec le climat anxiogène généré par la pandémie, il a jugé plus que jamais nécessaire d’offrir un peu de douceur
et d’humour. Et quoi de plus apaisant qu’un nounours qui nous rappelle le compagnon de notre enfance ?
Ou Baloo chantant qu’« il en faut peu pour être heureux ». De quoi nous aider à prendre notre mal en patience …
Il les a donc remis au goût du jour : ses nounours font leurs courses de première nécessité, en respectant, bien sûr,
le mètre de distance réglementaire. Et les affichettes « confinement » ou « distanciation » scotchées sur leurs jolis bedons, rappellent les conseils de prudence.
D’autres apparaissent aux fenêtres à 20h pour applaudir les soignants.

Et alors que nous ne sommes plus autorisés à fréquenter les troquets depuis 4 semaines (et donc d’en tester de nouveaux pour nos lecteurs !!), les nounours sont les seuls à pouvoir y rester.
Au Café de la Manufacture, QG des instigateurs de ce projet, l’un est toujours au comptoir tandis que deux autres sont assis contre la baie vitrée : le derrière bien au chaud contre les radiateurs en fonte, ils saluent discrètement les rares passants
qui se pressent sur l’avenue.
Mais certains de nos ursidés présentant les symptômes du coronavirours, le bistrot a dû être réquisitionné pour permettre les dépistages nécessaires. L’éminent Dr Raours a été appelé à la rescourse et se démène à présent pour tenter de pourfendre le mal avec son traitement à la mieloquine. Nul doute qu’avec ce régime, ils reprennent du poil de la bête.

Pour conclure : un café dans la c-ourse.

https://www.facebook.com/nounours.gobelins.paris 

* Peluches géantes de 1,34m et 4,9 kg – et même 2,40m pour leur patriarche !
** Michel le pharmacien, Eric le caviste, Guilhem le photographe, Gaëlle la serveuse et Jérôme le jeune patron du café
« la Manufacture ».   
*** Le libraire les envoie gratuitement en immersion dans les magasins environnants ou chez les riverains.
Il suffit de lui demander par mail (lesnounoursdesgobelins@gmail.com), venir le chercher et partager sa vie pendant
48 heures en prenant des photos du nounours en situation pour les lui envoyer … sachant que la photo publiée la plus vue fait gagner un nounours des Gobelins. 


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